Cette situation a détruit la «liberté politique», (entendez l’esprit de liberté et de responsabilité) qui garantissait le lien entre groupes sociaux pourtant différents et inégaux. En Amérique, les associations recomposent sans cesse le tissu social que l’égalité des conditions tend à défaire.La démocratie défait le lien social, et le refait, autrement. La démocratie a besoin de règles modératrices et de modérateurs. Elle recèle le risque du despotisme lorsque la passion de l'égalité conçue comme égalitarisme et non comme égalité en … L'éditeur François L'Yvonnet nous présente ce Carnet. En effet, ce qui tenait ensemble les sociétés précédentes et les sociétés autres, c’est une «hiérarchie de patronages». L'idée de démocratie et l'idée de politique sont deux notions entièrement différentes, extérieures l'une à l'autre. Tocqueville a vu dans cette passion de l’égalité, lorsqu’elle tourne spontanément à la haine de toute différenciation et de tout talent, un risque majeur des temps modernes. Le développement et la vitalité des associations permet au citoyen de se défendre contre les exigences du pouvoir. ... La séparation des pouvoirs selon Montesquieu. Celle-ci est la source du pouvoir législatif, qui s’exerce par le biais de représentants élus et renouvelés fréquemment. Ecrire au webmaster | Recommander | Version mobile. « Avec la démocratie cesse la nature qui assigne des places et des rangs dans un ordre hiérarchique fondé par Dieu. Il s’est penché sur l’étude de la démocratie. extrait de Tocqueville et la démocratie, entretien avec Robert Damien (production ced). Publié en 1835, on trouve dans cet ouvrage des réflexions sur la nature et les dangers d’une démocratie, et une comparaison entre les systèmes politiques des … L’Amérique représente en ce sens l’idée claire de la fondation libre, datée, maîtrisée, tandis que l’Europe en représente le pôle obscur et convulsif. Connecte-toi pour accéder à ton espace ainsi qu’à tes contenus préférés ! Au contraire les américains voient dans leur religion une religion «naturelle», sur la base d’un christianisme révélé qu’ils ramènent, pour ainsi dire, à l’état laïc (peu de dogmes, peu d’ascétisme et donc une grande tolérance). En Amérique, la Providence est généreuse et maternelle, alors qu’en Europe la Providence, ou nécessité telle qu’elle fut portée par l’Histoire, a débouché sur la Terreur. Primauté du présent, effacement de la tradition et de toute préséance, autonomie vont de pair avec une impuissance de l’individu isolé et noyé dans une masse d’êtres semblables. Chaque jour, chaque inégalité qui subsiste suscite une impatience plus grande.Le projet de la démocratie est irréalisable, car la nature est productrice d’inégalités ; il est toutefois impossible de revenir en arrière, parce que le projet égalitaire est naturel suivant une idée naturelle de la liberté égale pour tous. Mais cette convenance ne définit pas un lien nécessaire, parce que, par une autre convenance, naturelle elle aussi mais cette fois heureuse, les hommes démocratiques, qui veulent être indépendants, veulent l'être aussi dans l'ordre politique» Ibid, pp 170-171. Laurence Guellec (éditeur), « Tocqueville et l’esprit de la démocratie », La Revue Tocqueville, numéro spécial bicentenaire 1805-2005, vol. Car, plus la société est décomposée en ses éléments, plus elle doit recourir, pour continuer d’être soudée, à un pouvoir extérieur. Lumni utilise votre adresse email afin de vous adresser des newsletters. Quel est leur ressort commun?Les américains voient le monde et conçoivent leurs tâches, leurs droits et leurs devoirs selon l’ opinion fondamentale selon laquelle le peuple est en toute chose souverain. Il semble donc hésiter entre une détermination essentiellement sociale et une détermination essentiellement politique de la démocratie. On sait que les citoyens des démocraties ont des instincts fort dangereux qui les poussent à s’isoler les uns des autres et à poursuivre d’un amour immodéré les jouissances matérielles. Les révolutionnaires français ont voulu renverser à la fois l’ordre injuste et la religion au nom de l’humanité tout entière. La liberté démocratique, c'est-à-dire l'indépendance individuelle, ne devient liberté politique que parce que les hommes ne peuvent échapper à la nécessité de vivre ensemble. La démocratie suppose les hommes égaux tout en sachant qu’ils ne le sont pas. Toutefois, Tocqueville n’analyse pas la démocratie comme un simple renouveau de l’ordre juridique et politique, au sein duquel l’égalité entre les citoyens ne serait que formelle. A l’opinion! N’est-ce pas plutôt une «dissociété»? A la limite, le panthéisme, observe Tocqueville, serait de ce point de vue la religion la plus propre à séduire l’âge démocratique.En résumé, pour Tocqueville, l’homme est naturellement religieux, et la religion offre la possibilité pratique de modérer efficacement les passions démocratiques en soumettant cette société, à un dehors, relevant de la pure nature, la nature de l’homme naturellement religieux. Aussi s’efforce-t-elle d’interdire ou d’affaiblir le plus possible toutes les influences (celles d’homme éclairés). Cette conception leur prescrit de ne jamais obéir à quiconque (dans le cas contraire, je perds l’estime de moi-même). Le ressort de l’ensemble de l’ouvrage de Tocqueville est la comparaison entre l’homme aristocratique et l’homme démocratique ; il s’agit de deux types humains. Définition de la démocratie : régime de liberté et d’impuissance. Chez les modernes, elle est l’usage d’un droit commun. Ces différences, aussi considérables soient-elles, servent cependant à mettre en valeur le «Même», c’est-à-dire ce que la démocratie américaine et la démocratie européenne ont en commun, à savoir l’égalité des conditions.L’égalisation des conditions est à la fois le fil conducteur de l’histoire européenne et le fait générateur de la République américaine, fille de l’Europe. Les progrès de la démocratie n’y font qu’un avec l’érosion des influences individuelles.Est-ce encore une société cette collectivité dans laquelle personne ne dépend plus de personne ni ne reconnaît plus l’autorité de personne? Le tiers état dans son ensemble s’est enrichi et s’est cultivé, jusqu’à dépasser la noblesse parfois. Si bien que le tiers-état finit par former une nation complète qui n’a nul besoin des nobles et se passeraient même volontiers d’eux et de leurs privilèges. Pour les américains, citoyens et hommes sont des termes équivalents, convertibles l’un dans l’autre: la relation caractéristique de la citoyenneté républicaine - égalité et liberté, égale liberté de tous les citoyens - pénètre tous les aspects de la vie humaine.En cela la société américaine s’oppose à toutes les autres sociétés dans l’Histoire. Tocqueville s’y interroge sur les causes de « l’impuissance séculaire de la France à fonder des institutions libres»!Une thèse décisive de l’ouvrage est que la Révolution française fut «la terminaison soudaine et violente d’une œuvre à laquelle dix générations ont travaillé». Mais cette disposition compatissante comporte ses limites, car c’est ce n’est que ce qui est semblable à moi que je vise chez l’autre.Chez les aristocrates, la compassion ne concerne que ceux auxquels on se trouve lié par le contexte social et politique (famille, serviteurs, classe sociale). Car toute religion est ultimement régie par un dogme, celui de la démocratie est le règne incontestable de l’opinion publique. L’important est d’avoir une opinion, quelle que soit cette opinion…D’un autre côté, l’homme démocratique est porté au doute puisqu’il ne peut s’incliner devant aucune autorité intellectuelle ou morale. En Amérique, la religion est un instrument entre les mains du pouvoir démocratique.Tocqueville explique la particularité de la religion aux Etats-Unis par ses origines puritaines. Donc plus personne ne va se dévouer ni se sacrifier pour la communauté.Donc, finalement : cette «idée juste de la nature de l’homme» rend la nature de l’homme incapable «des hautes entreprises propres à cette nature», à commencer par les hautes entreprises de pensée. Les américains affichent leur religion par utilitarisme (ou cynisme?) Elle engendre toutefois ses antidotes, les associations ouvrières. Autrement dit, la révolution était en marche depuis longtemps car l’instrument de la transformation d’une société féodale en une société démocratique fut… la monarchie.Comment s’est opérée cette démocratisation de la société? C’est par ces lignes qu’Alexis de Tocqueville concluait en 1840, dans la Revue des Deux Mondes, son article « Des révolutions dans les sociétés nouvelles », un extrait en avant-première du second tome de De la démocratie en Amérique. Les Carnets de l'Herne ont publié la dernière partie de cette œuvre majeure sous le titre Le despotisme démocratique. L’idée démocratique, «simple et naturelle» correspond à l’idée juste de la liberté», on l’a vu. Il restait toutefois des liens sociaux, des liens à l’intérieur des classes sociales. Ainsi, en Amérique, le citoyen démocratique n’est pas un homme religieux ; mais, pour appréhender sans vertige sa liberté illimitée, il se dédouble et se réfléchit dans l’image de l’homme naturellement soumis à Dieu. En d’autres termes, l’extension de la liberté à tous en change la compréhension, et, finalement, la liberté égale pour tous finit par contredire ou annuler la liberté de chacun. «Le despotisme, qui est dangereux dans tous les temps, est donc particulièrement à craindre dans les siècles démocratiques». Dans ces conditions, à qui l’homme démocratique va-t-il s’en remettre pour penser? Le séjour de Tocqueville aux Etats-Unis lui a permis d’étudier avec davantage de recul historique une société démocratique : la démocratie représentative républicaine instaurée en 1776, date de la Constitution des Etats-Unis. La démocratie politique découle directement d’une évolution irrémédiable de l’ensemble de la société et de ses valeurs : c’est un processus historique qu’il nomme « égalisation des conditions ». Il dessine ainsi l’image d’un régime où le lien social est immédiatement politique. Les américains ont fermement maintenu la primauté masculine, qui n’est pas, selon lui, en contradiction avec l’égalité fondamentale des deux sexes ; les américains ont pensé que «toute association, pour être efficace, doit avoir un chef, et que le chef naturel de l’association familiale était l’homme» (II, p 220) Les américains ont réussi à concilier l’égalité démocratique et une sage convention héritée des temps aristocratiques.De façon générale, la démocratie américaine révèle une dualité entre ce qui relève de l’instinct (au sens de tendance, de mouvement irrésistible) et ce qui relève de l’intelligence effort pour régler et tempérer la démocratie à l’aide des lois et des moeurs). D'une part la liberté politique est la chose la plus indispensable aux hommes s'ils veulent mener une vie pleinement humaine puisqu'elle «crée la lumière qui permet de voir et de juger les vices et les vertus des hommes» ; d'autre part, la présence de cette composante essentielle de la vie humaine n'est ni assurée (on ne trouve pas l'amour de la liberté dans tous les hommes, loin s'en faut) ni susceptible d'être produite à volonté par les hommes (sa seule source est dans la nature). Laissée à elle-même, dispensée de cette nécessité, elle ne produirait qu'une dissociété, une dispersion, comme celle qui règne dans l'Ouest américain". Au contraire, aux Etats-Unis, aucune influence de famille ni de corps ne se laisse apercevoir «souvent même on ne saurait y découvrir d’influence individuelle un peu durable». Dans la Démocratie en Amérique, Tocqueville nous fait part des observations qu’il a pu faire lors de son voyage. La nature de la démocratie moderne n'est pas politique ; la démocratie est une opinion totale sur les choses humaines, qui a des conséquences bouleversantes sur l'ordre politique lui-même, parce qu'elle attaque ce qui était le présupposé même de toute existence politique, sous quelque régime que ce fût, à savoir les liens de dépendance, les influences individuelles, la hiérarchie des notabilités et des patronages, décor immémorial de la vie politique des hommes. Il faut donc écarter et affaiblir tout pouvoir susceptible d’exercer une influence indépendante. Or, aux Etats-Unis, la religion se marie harmonieusement avec la liberté démocratique. C’est la raison pour laquelle la religion, qui dirige leurs cœurs dans une direction opposée, leur est encore plus nécessaire qu’aux autres hommes. I. Une définition de la démocratie à l’épreuve de la démocratisation_____ 39 I.1. C’est-à-dire à l’opinion commune, puisque tout autre opinion a perdu toute créance, tout titre d’autorité.Le résultat est la soumission de tous… à tous! La Révolution a brisé ces derniers liens sociaux sans établir à leur place de liens politiques, préparant ainsi «à la fois l’égalité et la servitude».Dans le chapitre de conclusion de son ouvrage, Tocqueville écrit que la Fance au 18 ième siècle a vu se développer en son sein deux passions contradictoires : «l’une profonde et violente est la haine violente et inextinguible de l’inégalité».. « l’autre plus récente et moins enracinée, les portait à vouloir vivre non seulement égaux, mais libres». la démocratie comme idéal ou valeur, qui peut s’écarter de la définition théorique Pourtant, les dictionnaires de philosophie admettent unanimement un seul sens à « démocratie ». Ce dernier chapitre est consacré au dernier ouvrage de Tocqueville, l’Ancien régime et la révolution (1856). Pour Tocqueville, la marche vers la démocratie ne peut être entravée et ne doit pas l’être. Mais ce détournement du politique n’a été possible que parce que le pouvoir absolu a confisqué ce qui relevait de la noblesse dans la société féodale. Commenter cette citation d'Alexis de Tocqueville : « La démocratie détend les liens sociaux mais elle ressert les liens naturels. Il constitue le troisième pouvoir générateur de la démocratie.Egalité des conditions, souveraineté du peuple et opinion publique toute puissante sont les «trois principes générateurs « de la démocratie. L’ancien despotisme était violent et restreint. Tocqueville dit qu’on peut jouer sur l’intérêt pour la chose publique avec les associations (démocratie participative). Or, un livre de Michel Onfray « Tocqueville et les apaches » – pour ceux qui n’ont pas le temps de lire toutes les œuvres du quidam – nous éclaire sur les vues de … Deux idées-forces sont au cœur de la démocratie : l’égalité et la liberté. En démocratie, pouvoir central et pouvoirs locaux ne sont que les instruments dociles du pouvoir social : «Point de refuge pour l’esprit rebelle dans cette société où tout est et se veut un» (Pierre Manent) (lire : «Du pouvoir qu’exerce la majorité en Amérique sur la pensée» (Tome 1, deuxième partie, chapitre 7)Étant donné que les hommes ne peuvent pas se passer d’opinions, et qu’aucun homme n’est capable de former seul l’immense majorité de ses opinions, il faut bien s’en remettre à d’autres pour former nos jugements… Personne ne peut se passer d’autorités intellectuelles et morales. Le «Far-west» est l’illustration de cette situation, mais Tocqueville y voit la limite extrême de la démocratie et non sa vérité. De cet «état social» résulte évidemment un régime politique, celui dans lequel le peuple est souverain … Tocqueville affirme aussi que le principe de la souveraineté du peuple est le principe «générateur» de la démocratie américaine. Or ce qui caractérise le puritanisme, c’est la confusion du politique et du religieux. Il existe un franc décalage entre le prestige de son œuvre et l’empreinte réelle, ou l’attrait, de sa pensée. Tocqueville et la démocratie. La tyrannie de la majorité selon Tocqueville, De la démocratie en Amérique, II, 7, Je regarde comme impie et détestable cette maxime, qu'en matière de gouvernement la majorité d'un peuple a le droit de … Toutefois ce qui intéresse Tocqueville est l’homme démocratique, et le portrait de l’homme aristocratique n’est brossé que pour servir de toile de fond à celui de l’homme démocratique.Il ne s’agit pas d’une opposition entre deux époques, l’une étant dépassée (la période aristocratique) mais d’une opposition qui reste active au sein même du régime dominé par les valeurs de la démocratie.On sait que rien, dans une démocratie, ne doit échapper au pouvoir de la société sur elle-même («pouvoir social»). est davantage l’expression d’une déconnexion entre le développement des valeurs d’égalité d’une part et l’ordre politique qui n’a pas évolué en ce sens d’autre part. Le désir d’acquérir et la peur de perdre cumulent leurs effets pour obséder l’âme démocratique et la délivrer de tout autre préoccupations. La passion de l’égalité ne peut être apaisée : «le désir de l’égalité devient toujours plus insatiable à mesure que l’égalité est plus grande».La pensée ne parvient pas à concevoir le terme ultime de la tâche égalitaire, mais l’étape prochaine lui suffit, en tant qu’objectif, pour le moment présent. Et pourtant, elle met en péril la nature de l’homme pour Tocqueville!Elle est naturelle, et les sentiments aristocratiques apparaissent de son point de vue ce qu’ils sont effectivement, le produit de conventions ; les relations entre membres d’une même famille, codifiées et relativement froides, sont purement et simplement des artifices sociaux.Au contraire, dans une société démocratique, les liens entre les membres d’une même famille (le fils tutoie son père!) Redoutable dans la mesure où le pouvoir social soumet toujours plus complètement l’autre au jugement de la masse : si bien que «la douceur est le baume et le poison des sociétés démocratiques». Le couple n'aura pas d'enfant. La démocratie américaine repose sur la Constitution proclamée en 1787 et fondant un régime républicain fédéral avec séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. Tocqueville en fait un trait caractéristique des sociétés. On peut retenir trois dimensions de l’« égalisation des conditions » : L’égalisation des conditions et la démocratie entretiennent une relation dialectique dans la mesure où l’essor du sentiment égalitaire est le substrat de la démocratie. Ainsi seulement paraît surmontée l'alternative entre les deux formes de liberté, la liberté-privilège de l'aristocratie et la liberté-droit commun de la démocratie. Il faut donc que le citoyen sache commander et qu’il accepte d’obéir aussi, selon les cas. Premier groupe audiovisuel français, FRANCE TÉLÉVISIONS propose une offre complète de programmes afin que tous les publics trouvent matière à se cultiver, s’informer et se divertir. Chez les anciens, la liberté est l’usage d’un privilège. Pour Tocqueville le risque majeur de la démocratie réside dans le renoncement à la liberté, dont il faut chercher l’origine dans « la passion pour l’égalité » et le repli sur la sphère privée, caractéristiques de la démocratie. C'est pourquoi de Tocqueville considérait l'individualisme comme un problème dont seul souffraient les nations démocratiques. «Il y a donc des membres, mais point de corps». Tocqueville montre que l’avènement de la démocratie ne constitue pas une rupture avec l’Ancien Régime. On voit ici que pour Tocqueville, l’utilité sociale de la religion est indépendante de sa vérité intrinsèque. Ainsi certaines institutions centrales comme le tribunal d’instance ont perduré après la chute de la monarchie. «L’égalité place les hommes à côté les uns des autres sans liens qui les retienne». La démocratie elle-même n’est-elle pas notre nouvelle religion? La démocratie politique découle directement d’une évolution irrémédiable de l’ensemble de la société et de ses valeurs : c’est un processus historique qu’il nomme « égalisation des conditions ». Et le législateur interviendra en faveur des plus démunis. En démocratie, la richesse est tolérée mais elle doit rester une affaire strictement privée et ne garantir en aucun cas à ceux qui la possèdent une position sociale reconnue et influente.Les conceptions de la liberté sont également opposées. La révolution politique était à la fois universelle et anti-religieuse) De telle sorte que la Révolution elle-même est devenue «une nouvelle religion, religion imparfaite». Beaucoup citent Tocqueville comme l’un des théoriciens de la démocratie, et les nouveaux chantres du libéralisme économique sont prompts à le citer. La convenance perverse entre l'état social démocratique et le despotisme politique tient à ce que la démocratie et le despotisme sont apolitiques ou antipolitiques (le despote concentrant en sa seule personne toute la vie politique de la société sur laquelle il règne). Aucun homme n’est doué aux yeux de l’homme démocratique d’une autorité naturelle et incontestable. Et pourtant, si les conditions se rapprochent, les personnes s’éloignent. Tocqueville, à travers son œuvre De la démocratie en Amérique, remet en question la double stratégie politique adoptée par le système démocratique, une stratégie vacillant entre douceur et violence. Mais la grande majorité des citoyens a plus d’occasions d’obéir que de commander. En l’absence d’une aristocratie de naissance, seuls les riches sont capables de former au sein de la société une sorte d’Etat dans l’Etat, ou en tout cas une société particulière soustraite à l’influence de la majorité. En cela elle se rapproche du despotisme qui fait de l’indifférence une sorte de vertu publique (car il faut diviser pour régner). système politique dans lequel le peuple exerce sa souveraineté sans l'intermédiaire d'un organe représentatif. Aucune influence intellectuelle ou morale n’est tenue pour légitime. « La démocratie rend les citoyens égaux devant la loi. Le pouvoir absolu de tous n’est pas moins avilissant que celui de quelques uns et Tocqueville redoute une nouvelle forme de despotisme que l’usage partiel de nos droits civiques n’interdit pas.Un usage si court de leur libre arbitre (le vote) : «n’empêchera pas qu’ils ne perdent peu à peu la faculté de penser, de sentir et d’agir par eux-mêmes et qu’ils ne tombent ainsi graduellement au dessous du niveau de l’humanité». Il en a ensuite comparé les traits avec la société française. 6 chaînes de télévision... Découvrez chaque semaine, les nouveautés éducatives pour apprendre autrement : vidéos explicatives, méthodologie et quiz en ligne. Or la guerre égalise les conditions d’une manière radicale et abolit la concurrence de telle sorte qu’elle constitue curieusement un «remède» aux maux de la démocratie. Et la contrainte exercée sur les individus est plus grande que nulle part ailleurs. La religion y est tenue pour utile alors que la question de sa vérité est mise entre parenthèses. Qui cherche dans la liberté autre chose qu'elle-même est fait pour servir... Ne me demandez pas d'analyser ce goût sublime, il faut l'éprouver. Tocqueville affirme aussi que le principe de la souveraineté du peuple est le principe «générateur» de la démocratie américaine. «Ce qui rend les lois américaines si redoutables naît, j’oserais le dire, de leur douceur même» (I, p 111). Régime politique selon Alexis de Tocqueville, où la démocratie est un Etat social dans lequel les citoyens sont égaux en soulignant qu'ils ne peuvent l'être au niveau économique ou social. ». La reconquête de l’état de nature et l’établissement d’un Etat central se fixant cet objectif en sont respectivement la fin (égalité des conditions de la concurrence) et le moyen (pouvoir central auquel tout le monde s’identifie).