Charles Perrault écrit ce conte en 1694 mais le récit est déjà présent dans la tradition orale. Cette dernière révèle alors à sa filleule que « tout est arrangé » et qu'elle-même épousera le Roi. Celui-ci manque cependant de s'étouffer sur la bague, en dévorant le gâteau ; en attendant que ses proches soient rassurés et le laissent seul, il la dissimule, heureux de ce signe. de Jacques Demy 1h25 1970 France. Des décennies après la sortie de Peau d'âne, ses chansons composées par Michel Legrand ne cessent d'être citées dans la culture populaire. Particulièrement lourdes, tout comme la peau de l'âne, elles rendent difficiles les déplacements de Catherine Deneuve dans les « escaliers interminables du château de Chambord[31] », si bien que pendant le tournage des tabourets sont passés directement sous ses jupons pour qu'elle puisse se reposer[32]. Le vilain petit canard : l’intolérance, le rejet de l’autre. Inspiré de Peau d'Âne de Charles Perrault, paru en 1694, le film reprend l'intrigue traditionnelle du conte : une princesse forcée d'épouser son père fuit son royaume en se dissimulant sous une Peau d'âne. Pourtant, les interactions entre la Princesse et le Prince eux-mêmes sont peu romantiques[162] et semblent davantage relever d'un amour fraternel, en partie incestueux[10] ; et à la fin de l'histoire, au contraire de Perrault qui laisse les deux personnages se réjouir seuls du mariage de la Princesse, Jacques Demy fait du Roi bleu et de la Fée des lilas des amants. En 2012, une équipe de fouille menée par Olivier Weller, chargé de recherches au CNRS, investit le bois du château de Neuville, à Gambais, afin de tenter de retrouver les lieux et les traces du tournage du film. Un film: Peau d’Âne de Jacques Demy, jeudi 24 décembre à 20h40 sur OCS Géants, disponible sur Netflix et en DVD. Les tenues de la Fée des lilas, en revanche, mêlent glamour hollywoodien, avec un déshabillé vaporeux, et éléments plus classiques de la mode à la Cour, comme une collerette. Dans Aden, le guide culturel du Monde, Philippe Piazzo salue alors « le film qu'on revoit pour la cent douzième fois » et dont le monde « continue de nous transporter[105] ». Le film respecte également les décors qu'a posés le conte, puisqu'il en tire exactement l'image de l'« auge aux cochons » ou celle des valets pour qui la Princesse est « la butte ordinaire de tous leurs quolibets et de tous leurs bons mots ». Le Prince est d'abord bloqué par un mur invisible puis n'a d'autre choix que de grimper vers une lucarne, ce qui permet à la Princesse de contrôler la façon dont elle lui apparaît et de l'observer à son aise avec son miroir[161]. Celle-ci a été laissée en place après le tournage, mais a finalement été détruite et brûlée par les propriétaires du domaine quelques années plus tard [91],[92]. Il est à New-York et on l'a pris pour une demoiselle à cause de son prénom. Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre. Elle comprit en la voyant que la jeune fille était dans un grand désarroi. Elle en descendit et à pied elle continua sa route sans bien savoir jusqu'où cela l'entraînerait. La fée demande alors la peau de l’âne, et à sa surprise, le roi la donne à la princesse. Peau d’âne : l’inceste. Les deux rôles tenus par l'acteur présentent des similitudes vestimentaires, avec des manteaux aux manches bouffantes[86],[7], et incarnent l'objet du désir transgressif de l'héroïne : chez Cocteau, Belle ne voit la bête se transformer en homme qu'à regret, et chez Demy la Princesse présente une moue de désappointement en apprenant que son père a des projets de remariage avec la Fée[7]. La ressemblance entre la Fée et la belle-mère maléfique de l'adaptation par Disney est accentuée par d'autres similitudes comme la composition chromatique de l'image et la collerette de la robe. La scène du cake, qui fait coexister la princesse et la souillon dans un lieu dépourvu du bleu ou du rouge, marque également le milieu du voyage de la jeune fille, momentanément bloquée entre les deux châteaux qui lui sont tous deux inaccessibles, et donc entre deux identités inachevées[152]. Peau d’âne, c’est histoire d’un père qui a perdu sa femme et veut se marier avec sa fille. Parce qu’une Princesse refuse d’épouser son père. Demy joue aussi avec les potentialités du matériel technique et n'hésite pas à placer la caméra à l'envers ou à inverser la pellicule au montage pour obtenir certains effets sans pour autant que l'image soit sens dessus dessous. Il était une fois Peau d'Âne Jean Marais, le Roi bleu, se penche sur le lit de Peau d'Âne. J'ai essayé de faire le film dans cette optique, par mes yeux, comme ça, quand j'avais sept ou huit ans. Un long-métrage réalisé par Jacques Demy et dont l’intégralité des chansons et de l’orchestration est assurée par le compositeur Michel Legrand. Le film est en fait une adaptation de cette dernière, dont l'auteur reste inconnu[117]. Le choix de Jean Marais pour le rôle du Roi bleu, lui qui incarnait la Bête chez Cocteau, est d'ailleurs lié à cette référence[132]. Cette dualité est à son paroxysme pendant la scène dite « du cake d'amour », lorsque la caméra présente aux fourneaux une héroïne dédoublée, à la fois princesse en tenue de soleil et souillon parée d'une Peau d'âne, mélangeant l'or de sa robe à la crasse de la dépouille animale[47]. Enfin, l'hélicoptère nuptial de la Fée des lilas paraît faire écho dans le domaine anachronique aux motos funèbres qui ferment le film Orphée[140]. « D’emblée, je donne à Peau d’Âne une espèce de symétrie, en l’encadrant par deux grandes fugues, l’une en ouverture, l’autre en clôture : la première sur le motif de la recherche de l’amour (Amour, Amour), la seconde sur celui de l’amour trouvé (Rêves secrets). Demy apprécie cette histoire de longue date, l'ayant montée dès l'enfance dans son propre théâtre de marionnettes[10],[11], de même que Cendrillon et d'autres contes des frères Grimm ou d'Andersen[12],[7] : « Autrefois, avant, quand j'étais enfant, Peau d'âne me plaisait particulièrement. ^^ Peau d'âne (Jacques Demy )- 1970. Après quelques années passées aux États-Unis, entre 1967 et 1969, durant lesquelles il réalise Model Shop avec le soutien financier de la compagnie Columbia, Jacques Demy souhaite tourner un film inspiré de la culture française et en particulier de ses contes de fées et de leur merveilleux, qui lui inspirent « une très grande joie[6] ». D'autres anachronismes, tous liés à la Fée des lilas, émaillent le film : celle-ci évoque ainsi des « piles » pour le téléphone dont elle dispose chez elle et adopte des accoutrements peu médiévaux, comme des chaussures à hauts talons ou une coiffure typique des années 1930 à Hollywood, comportements qui ne manquent pas de surprendre la Princesse. À la Princesse qui lui oppose que les fées ne vieillissent pas, la Fée répond : « C'est vrai, j'avais oublié... Néanmoins mon pouvoir sur les hommes diminue. Suivant ses conseils, la Princesse exige de son père trois robes impossibles à faire, mais il les fait réaliser. Le Prince, quant à lui, est à la recherche du grand amour et se voit guider par une rose sensuelle aux lèvres charnues et érotisées (personnifiée à l'image des femmes-fleurs de Grandville[163]) qui lui indique le chemin pour trouver la Princesse. C'est-à-dire l'appauvrir véritablement alors que c'est un film qui réclamait du fric puisque c'est un film sur de la magie et que la magie ça se paie très cher[43]. Les deux acteurs donnent leur accord[n 2] mais le devis du projet est trop élevé pour un cinéaste alors presque inconnu[15]. Le Prince demande alors à sa mère que celle que tous dénomment « Peau d'âne » lui prépare un gâteau. En effet, la fée est celle qui permet au crime incestueux de ne pas avoir lieu. Un Prince la découvre et en tombe amoureux... Galerie photos. Guidée par cette dernière, la Princesse tente, sans contredire son père, de le dissuader de son projet en lui demandant tour à tour trois présents apparemment irréalisables : des robes d'une extrême complexité de confection, l'une couleur du Temps, l'autre couleur de Lune, et la dernière couleur du Soleil. Peau d'âne s'installe dans un petit village d'un royaume voisin et travaille comme souillon, vivant dans une simple cabane. Le film a été restauré en 2003 et en 2014, sous la houlette d'Agnès Varda, compagne de Jacques Demy, et avec la participation de leurs enfants Mathieu et Rosalie[101]. Aucune ne peut passer cette dernière. Catherine Deneuve et Jacques Perrin sont respectivement doublés, comme dans les Demoiselles de Rochefort, par Anne Germain et Jacques Revaux. Initialement prévu autour de quatre millions de francs, alors que la moyenne pour un film de l'époque tourne à 2,58 millions, le budget total du film va connaître un dépassement de 800 000 francs[46],[47] et empoisonner l'ambiance du tournage[44]. La seule personne capable de rivaliser avec la beauté de sa défunte femme n'est autre que sa propre fille, et le roi la demande en mariage. Prince d'un royaume voisin à celui du château bleu, le Prince cherche l'amour véritable. Les paroles ambigües de la Fée, au moment où elle conseille à sa filleule de fuir le Roi, prennent alors tout leur sens : sa motivation à aider sa filleule tenait aussi et surtout d'un empressement à éloigner une rivale prétendant aux affections du Roi, et la Fée apparaît alors pourvue d'immoralité, déjouant le stéréotype établi dans les contes[148]. Dans sa version de Charles Perrault, le conte populaire Peau d’âne serait le premier conte de fées français jamais écrit. ». Je vais voir l’engin en question et c’était une affreuse mécanique, qui marchait par saccades ; le flocage n’avait pas été fait ; ils avaient collé un tissu dessus et on voyait la colle. On la mit dans un coin de la cuisine, où elle fut les premiers jours en butte aux plaisanteries grossières de la valetaille, tant sa peau d’âne la rendait sale et dégoûtante. Un col identique apparaît par ailleurs à la fin du film sur la tenue de mariée de la Princesse, cette fois-ci, comme pour signifier qu'avec son choix de mariage conventionnel, ayant refusé de céder à la tentation de l'inceste, l'héroïne s'expose au risque de se voir par la suite défiée en beauté par de plus jeunes rivales[167]. L'inceste même n'apparaît pas condamnable : les deux personnages concernés sont favorables au mariage et, si la Fée des lilas décourage sa filleule, c'est au nom de « questions de culture et de législature », non pas au nom de la décence[7]. ». Elle se réfugie dans sa chambre où la fée des Lilas l’attend. Une première version du scénario consistait en effet pour Demy à peupler le royaume de Peau d'âne de pendus, de squelettes et de pestiférés, pour élargir la féérie. [...] Il fallait que je la réadapte. L'arrivée de la Princesse à la ferme consiste en un simple ralenti. Dans certaines versions du conte, l'âne dont la princesse porte la peau était un âne magique qui déféquait des pièces d'or et faisait la richesse du roi. Catherine Deneuve Delphine Seyrig Jacques Perrin Jean Marais Micheline Presle, Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution. Mais le jeune homme paraît aveuglé par cette image de la Princesse dans sa robe du soleil, si bien qu'il ne lui reste qu'à détourner les yeux et s'enfuir. La rêverie qu'il partage avec la Princesse est d'ailleurs de l'ordre du rêve enfantin : alors même qu'ils sont émancipés de toute surveillance des adultes et de toute responsabilité liée à leur rang dans leur royaume respectif, les deux jeunes gens choisissent de poursuivre leurs jeux d'enfants, en roulant dans l'herbe ou en se gavant de pâtisseries[47]. L'accessoiriste avait d'ailleurs prévu plusieurs tailles de bague afin qu'elle ne convienne à aucune des prétendantes[122]. Film de 1970 avec Catherine Deneuve ; musique de Michel Legrand ; chanson interprétée par Anne Germain.Je ne possède pas les droits de la vidéo. ». Extrait de «Peau d’âne» La fée Lilas attendait sa filleule. La Princesse se résout alors, toujours conseillée par sa marraine, à demander à son père un immense et ultime sacrifice : la peau de l'âne banquier, celui-là même qui fait la richesse du royaume. De nombreux tessons de céramique, qui pourraient reconstituer la vaisselle utilisée lors de la scène du « cake d'amour », ont également été retrouvés dans la cabane. ». La mise en scène est d'un raffinement extrême[80]. : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article. Elle a également été membre du groupe vocal de jazz, Agnès Varda préfère l'emploi du pluriel latin «, L'influence de Jean Cocteau sur le film en général est, à bien des égards, très perceptible.