Les peuples démocratiques « ont pour l’égalité, écrit-il, une passion ardente, insatiable, éternelle, invincible » (De la démocratie en Amérique). Tocqueville observe de plus que le citoyen, après avoir élu ses représentants et voté ses lois accorde au gouvernement qu’il a choisi le droit d’action. Si ces deux points sont vrais indépendamment, il faut cependant savoir qu’en des « siècles peu éclairés », l’effet de l’ignorance n’était pas égal d’un côté et de l’autre. Vous remarquerez que « Le Meilleur des mondes » a été écrit en France et George Orwell, dont je vais vous parler désormais, a vécu en France lui aussi ! D’abord l’Amérique (tout de même ! Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. De la Démocratie en Amérique II, Quatrième partie, Ch. Avec l’égalité apparait aussi l’épargne ouverte à tous : « des âmes charitables ont conçu la possibilité de recueillir l’épargne du pauvre et d’en utiliser le produit ». ». Le souverain, étant sans contestation au-dessus de son peuple, par les pouvoirs que celui-ci lui confère par amour de l’égalité, n’est pas sujet à cette haine du privilège. En effet, examiner une masse uniforme, écouter des voies monocordes et des individualités semblables lui évite de s’intéresser à une « infinité de détails ». La mauvaise nouvelle est que nos nations démocratiques européennes semblent suivre à la lettre la méthode pour tomber en servitude de sa propre égalité (omniprésence de l’Etat dans nos vies, haine des privilèges et de la différence sous prétexte que cela nuit à l’égalité, remise en ses mains de notre libre-arbitre… la liste est longue !). Lors de son voyage aux Etats-Unis, il a pu décrire la démocratie naissante. C’est dans cet esprit que je travaille à rendre les grands concepts plus accessibles et les grands auteurs plus proches de nous. La démocratie a été analysée en Amérique par le français Tocqueville. Passionné par les idées, je veux vous aider à mieux comprendre votre existence grâce au meilleur de la pensée. Lorsqu’il publie son essai De la démocratie en Amérique (1835), Alexis de Tocqueville est l’héritier d’un principe vaincu : l’aristocratie. Cependant, c’est avec grande difficulté qu’on les arrache à ces taches individuelles pour les faire venir aux affaires communes. Tu prépares des épreuves de dissertation ? Alexis-Henri-Charles Clérel, vicomte de Tocqueville, couramment appelé Alexis de Tocqueville, né à Paris le 29 juillet 1805 et mort à Cannes le 16 avril 1859, est un homme politique, philosophe politique et historien français. Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. ), où il considère que les colons anglais avaient vécu libres (ils avaient l’habitude en Angleterre de prendre part aux affaires publiques, « ils connaissaient le jury ; ils avaient la liberté de la parole et celle de la presse, la liberté individuelle, l’idée du droit et l’usage d’y recourir ») avant de vivre égaux. Je te donne une méthode. Quand toutes les opinions sont égales, l’homme démocratique tend à se rallier spontanément à l’avis du plus grand nombre, voire à ne plus tolérer les opinions minoritaires. L’éducation, qui auparavant était gérée par des organismes indépendants (l’Eglise par exemple), est maintenant une affaire nationale, au nom de l’égalité : « c’est lui qui se charge d’inspirer à chaque génération des sentiments, de lui fournir des idées ». La France et les États-Unis ont là un point commun : l’opinion publique y est le pouvoir dominant, en vertu de quoi la souveraineté du peuple est une réalité de chaque jour. Une bonne et une moins bonne nouvelle. C'est à travers le modèle américain que Tocqueville va s'interroger sur la nature de la démocratie. Tocqueville présente cependant les associations comme contre-pouvoir efficace à l’omnipotence étatique. Alexis de Tocqueville est la figure de proue du libéralisme en philosophie politique. Les hommes abandonnent donc la gestion des affaires communes à l’Etat : ils n’ont ni le goût ni le temps de s’occuper de ces choses-là. Tocqueville n’est pas le premier de son temps à tenter la traversée de l’Atlantique pour y décrire la vie dans ces nouveaux Etats. L’homme n’obéit pas à autrui qui est son égal : il préfère lui faire éprouver à chaque instant la commune dépendance à l’Etat dont ils sont tous les deux les objets : telle est la conséquence de l’égalité selon Tocqueville. Le couple n'aura pas d'enfant. Celle-ci est fondée sur un principe, l'égalité, qui la porte à l'uniformisation des moeurs. Dans les deux tomes de De la démocratie en Amérique, Tocqueville tente de définir les traits caractéristiques des sociétés démocratiques. De la démocratie en Amérique (II), IV, 6. Tandis que les peuple ayant d’abord connu la liberté se sont vu confier les rênes ces affaires très tôt, ce qui ne nécessitait pas leur prise en charge par un Etat tuteur. Tocqueville écrit ce livre suite à son voyage en Amérique, afin dexposer la nature et les particularités du mode de gouvernement de ce pays. Bien au contraire, tous ce que chaque individu lui offre semble être retiré à ses égaux. De La Démocratie en Amérique is a classic French text by Alexis de Tocqueville. Elles sont en effet censées représenter la volonté « du plus grand nombre ». La démocratie politique découle directement d’une évolution irrémédiable de l’ensemble de la société et de ses valeurs : c’est un processus historique qu’il nomme « égalisation des conditions ». Les hommes ne reçoivent point la vérité de leurs ennemis, et leurs amis ne la leur offrent guère ; c’est pour cela que je l’ai dite. Peut-être, mais il doit sans cesse agir et guider le peuple qui l’a élu. Les uns la considèrent comme une chose nouvelle, et, la L’auteur nous confie qu’il est nécessaire aux hommes de posséder « beaucoup d’intelligence, de science et d’art » pour engendrer dans la communauté des hommes individualistes en mesure de contrebalancer savamment le pouvoir de l’Etat. Il est la cause et le remède à tous ses maux. La démocratie leur fait passer l’envie de gouverner les autres. Dans le domaine de la justice, au cours d’une note de bas de page, il déclare qu’auparavant, en des temps moins « égalitaires », les testaments étaient très libres et respectés, alors que maintenant, l’Etat régente les successions : « Après avoir régenté la vie entière, il veut encore en régler le dernier acte ». Tocqueville dénonce ainsi la disparition de l’indépendance d’esprit et de la liberté de discussion en Amérique. Ainsi, les citoyens n’ont pas de gêne non plus à prêter à l’Etat ou à investir avec lui. Ils mènent leurs affaires personnelles sans être inquiétés. Il la présente au contraire comme le ferment d’une nouvelle société. L’industrie est, d’après Tocqueville, un secteur très prisé de l’Etat. Ainsi, pour Tocqueville, l’idéal démocratique est à la fois réalisé dans sa pente la plus forte, l’égalité, et mis en danger dans sa pente la plus faible, la liberté. En gommant les individualités ou les affaiblissant, l’égalité incite ou oblige les citoyens à se remettre tout entier à l’Etat. Tocqueville est un génie absolu. La marche vers la démocratie apparaît alors comme une tendance inéluctable à l’égalisation des conditions : « Mais ce ne sont pas seulement les fortunes qui sont égales en Amérique, précise Tocqueville ; l’égalité s’étend jusqu’à un certain point sur les intelligences elles-mêmes […] L’instruction primaire y est à la portée de chacun ; l’instruction supérieure n’y est presque à la portée de personne. Ce pouvoir fort, que les hommes donnent à l’Etat au travers de l’égalité, est une première dérive apparente vers la servitude. Le texte étudié est extrait d'un livre d'Alexis de Tocqueville De la démocratie en Amérique, volume II, écrit en 1840. Livre de référence de philosophie politique. Pour y remédier, on uniformise encore davantage la société (en donnant au souverain davantage de pouvoir pour cela). Son approche doit dailleurs beaucoup à la philosophie de Machiavel, … La société décrite par Tocqueville est très proche de celle de « l’Etat Mondial » d’Huxley, catastrophiquement dystopique quant au bonheur et au libre-arbitre de ses membres. La démocratie en Amérique bouleverse le lien social. Université. La « masse confuse » qui survit n’a pas l’habitude et les capacités de gérer les affaires, elle va donc remettre tous les pouvoirs laissés vacants à l’Etat fraîchement instauré : « la centralisation devient un fait en quelque sorte nécessaire ». Se prémunir du « despotisme démocratique ». Un peu plus tard dans le chapitre, Tocqueville donne aussi comme cause du despotisme démocratique la suppression des « pouvoirs secondaires », aussi nommés « autorités locales » propres à des régimes connus en Europe avant les grandes révolutions du dix-neuvième siècle, pour renforcer un pouvoir plus central encore, qui gère directement les citoyens, mais qui est par son omniprésence très liberticide. Ils mènent leurs affaires personnelles sans être inquiétés. Dans la Démocratie en Amérique, Tocqueville nous fait part des observations qu’il a pu faire lors de son voyage. La démocratie a été analysée en Amérique par le français Tocqueville.Il montre dans De la démocratie en Amérique qu’elle n’est pas simplement un désordre conduisant à la dissolution de toute vie sociale saine, contrairement aux préjugés du milieu aristocratique. Il la présente au contraire comme le ferment d’une nouvelle société. L’artistocratie en est un, mais il est impossible pour un peuple égalitaire de voir naître des individus possédant plus de droits que les autres. In 4 vols. Fasciné par ses observations, qui sont celles d’un sociologue autant que d’un philosophe, Tocqueville entreprend une vaste analyse de la société américaine. A l’occasion d’une mission tout à fait administrative, Tocqueville nous livre un regard neuf pour un européen sur la société américaine encore méconnue sur le Vieux Continent. Tocqueville veut désormais nous expliquer comment un peuple devient démocratique. Il instaure l’égalité entre ses membres. Ce pouvoir réunit l’ambivalence des volontés du peuple : le besoin d’être conduits et l’envie d’être égaux : « ils se consolent d’être en tutelle, en songeant qu’ils ont eux-mêmes choisi leurs tuteurs ». Find in this title: Find again. Puis il oppose à cet exemple celui de l’Europe (je pense ici qu’il voulait plus précisément parler de la France…), où, au contraire, l’égalité apparut avant la liberté : la majorité des sujets (le Tiers-Etat) était traité de façon égale et centralisée par le pouvoir royal, et la liberté n’est arrivée qu’à la Révolution. Ce qui fait tant haïr le moindre privilège est le fait que normalement, en des temps d’égalité, tout le monde devrait être traité exactement de la même manière. Bien plus tard dans le chapitre, Tocqueville nous montre combien l’Etat, en voulant nous aider, s’insinue plus loin dans notre vie privée. La démocratie étant quelque chose de nouveau en Occident, l’auteur se doit de nous mettre en garde contre la seconde tendance vers laquelle l’égalité nous fait glisser. Cependant, c’est avec grande difficulté qu’on les arrache à ces taches individuelles pour les faire venir aux affaires communes. La tyrannie de la majorité Un autre danger que rencontre la démocratie réside pour Tocqueville dans la tyrannie de la majorité. Les hommes voulant un gouvernement créant une société guidée par l’égalité doivent le faire fort, central et tout puissant. Its title translates as On Democracy in America, but English translations are usually simply entitled Democracy in America. Étude de l’extrait de l’introduction de l’ouvrage : De la démocratie en Amérique. Ce concept existait déjà, et a été notamment déjà expliqué par Etienne de La Boétie dans son Discours de la servitude volontaire : « soyez résolu à ne servir plus et vous serez libres ». L’égalité permet à chacun d’exprimer son choix, certes. Le pouvoir démocratique y est centralisé et puissant. Tu prépares des épreuves de dissertation ? Je hais les spams et protège vos données personnelles. J’ai pensé que beaucoup se chargeraient d’annoncer les biens nouveaux que l’égalité promet aux hommes, mais que peu oseraient La religion, parlons-en ! Son approche est totalement originale, passant dune philosophie normative qui prévalait chez les Classiques (Montesquieu, Rousseau ou les Grecs) à une approche descriptive et clinique de la démocratie. … symbolise la prise de pouvoir par un peuple et l’accession à sa souveraineté. Tocqueville dessine l’image d’un régime où le lien social est immédiatement politique. L’industrie a besoin de routes, de ports, de canaux. En brisant les liens de dépendance et en entretenant l’espérance d’une élévation du bien-être, elle fait émerger un individu autonome, replié sur lui-même, perpétuellement inquiété par la concurrence de tous avec tous, et qui néglige ses devoirs de citoyen. >> La dangerosité de la démocratie selon Platon sur un post-it. Enfin, la complicité muette d’une élite (l’âne « Benjamin »), qui comprend ce qu’il se passe mais qui a d’autres choses auxquelles penser, permet de ne pas éveiller les soupçons du bon peuple. Une fois que tu auras téléchargé le résumé, je t'enverrai du contenu supplémentaire . ... Il faut travailler l'ANALYSE. 1848) A revised and corrected 12th edition in French of Tocqueville’s famous analysis of the nature and consequences of democracy in the American Republic. Il préfère adapter les hommes à la règle que la règle aux hommes. Publié en 1835, on trouve dans cet ouvrage des réflexions sur la nature et les dangers d’une démocratie, et une comparaison entre les systèmes politiques des … L’égalité diminue les privilèges, car l’Etat se doit d’appliquer la même loi pour tous. Tocqueville nous met en garde dès les premières lignes. Les hommes, n’ayant ni supérieurs, ni inférieurs, se considèrent dans leur singularité. Fiche de lecture de Tocqueville, de La Démocratie en Amérique Tome II, Partie 2 Salvador Romero. Ces privilèges sont détestés par les hommes : « la plus petite dissemblance paraît choquante au sein de l’uniformité générale ». Il montre dans De la démocratie en Amérique qu’elle n’est pas simplement un désordre conduisant à la dissolution de toute vie sociale saine, contrairement aux préjugés du milieu aristocratique. 646 sq. La bonne, d’abord : si Tocqueville nous peint de quelle façon un peuple démocratique sombre dans le despotisme, en nous indiquant très clairement l’avènement de celui-ci il nous montre aussi comment le combattre ! Tocqueville en fait un trait caractéristique des sociétés. La démocratie en Amérique donne le pouvoir à l’opinion publique. Cependant, Tocqueville ne voit pas comment un peuple, une fois le pied dans ce système, peut en sortir : « il est, en effet, difficile de concevoir comment des hommes qui ont entièrement renoncé à l’habitude de se diriger eux-mêmes pourraient réussir à bien choisir ceux qui doivent les conduire ». De plus, Tocqueville déclare qu’une violente révolution est un excellent terreau pour un pouvoir unique et fort : une révolte sanglante entraine que « les classes qui dirigeaient les affaires disparaissent tout à coup dans cette tempête ». Montrer que l’égalité des conditions est à la base de la société américaine et oriente aussi bien la vie politique, le gouvernement et les lois que la société civile ; en particulier au … L’Etat, lui aussi déteste les privilèges, et, de façon plus générale, tout ce qui sort de l’uniformité. Dans sa faiblesse, il lève les yeux vers l’Etat tout puissant, et en devient tributaire. Ainsi, l’Etat met un frein à la formation de ces associations. Tocqueville craint donc les effets pervers de la règle de la majorité au cœur du fonctionnement des régimes démocratiques. Matière. Cette société se distingue par conséquent, sur le plan des mentalités, de toutes les sociétés européennes antérieures par l’absence de patronage, qui définit un état social dans lequel il n’existe plus d’influences individuelles. Lorsque, des deux côtés (du côté de l’Etat et du côté du peuple) il manque de personnes éclairées, on pourrait croire la chose suivante : Ce qui nous pousse à croire que l’ignorance a des effets réducteurs sur deux mouvements s’opposant, ce qui ne change pas le rapport de force. De la Démocratie en Amérique, 4 vols. Ce fait est plus précisément l’opinion fondamentale selon laquelle les Américains voient le monde et conçoivent leurs tâches, droits et devoirs dans ce monde, car la loi politique de l’égalité démocratique pénètre les relations sociales et familiales. Il y défend l’intérêt d’une explication politique du politique et développe plus largement une théorie propre à la démocratie. Je n’ai donc pas cédé si facilement à la littérature anglosaxonne !) Note : cet article n’est pas une dissertation, mais simplement une explication non exhaustive de quelques idées énoncées par Tocqueville dans son ouvrage. La sexualité n’est plus qu’un jeu et non plus un moyen de reproduction (gérée par l’Etat, comme tout : l’industrie, l’éducation dès le plus jeune âge, l’économie…). Pouvant légitimement imposer ses décisions à la minorité, la majorité risque de l’ignorer, voire de l’opprimer. De la démocratie en Amérique d'Alexis de Tocqueville. Ne perdez plus votre temps : cliquez ici. La démocratie est donc mise en danger par la liberté démocratique, qui rend plus difficile l’éclosion de vertus civiques – savoir commander, savoir obéir – qu’elle exige plus impérieusement. Le premier tome de De la démocratie en Amérique, publié en 1835, est composé de deux parties. La société démocratique américaine garantit ainsi une stricte égalité juridique tout en offrant à l’individu des opportunités de mobilité sociale. 2017/2018 Le gouvernement agit mal ? S’il existe des opinions communes dans toutes les sociétés, c’est seulement dans la société démocratique que l’opinion commune prévaut sans obstacle, car les autres sources possibles d’opinion ont perdu toute créance face à une certaine « tyrannie de la majorité ». Soutien scolaire, analyse et résumés de livres, L’étude est principalement basée sur : Le despotisme démocratique, chapitre du livre De la démocratie en Amérique, par Alexis de Tocqueville. Ils préfèrent laisser s’en occuper le « seul représentant visible et permanent des intérêts collectifs, qui est l’Etat ». Ils remplacent l’ancienne noblesse, mais sont dénués de leurs privilèges, ce qui permet de les mener comme le bon peuple. Les hommes abandonnent donc la gestion des affaires communesà l’Etat : ils n’ont ni le goût ni le temps de s’occuper de ces choses-là… Très en avance sur son temps, il prédit la guerre froide, les rancoeurs laissées par l'esclavage dans le Sud, l'obsession de la sécurité, et les risques encourus par la démocratie sur le long terme. Science politique - Introduction à la science politique (ASPO 15F01) Année académique. Il attend de lui, il exige de lui qu’il fasse quelque chose. >> La démocratie selon Spinoza sur un post-it. Nous avons déjà montré que l’Etat égalitaire engageait une foule de fonctionnaires pour remplir toutes les missions qu’il s’impose.